La STM monte dans le train de l’économie sociale

esjacheteLe pro­jet-pilote mon­tréalais L’é­conomie sociale, j’achète! est bien sur les rails. Voici que la Société de trans­port de Mon­tréal (STM) s’a­joute au nom­bre des grandes insti­tu­tions publiques mon­tréalais­es qui s’en­ga­gent à accroître l’achat de pro­duits et ser­vices auprès des entre­pris­es d’é­conomie sociale.

« Com­ment ça se fait que vous ne faîtes pas par­tie du pro­jet ? » En novem­bre dernier, la ques­tion de Jean LeChas­seur, directeur général de For­mé­tal, a piqué la curiosité des équipes d’ap­pro­vi­sion­nement et de développe­ment durable de la STM. Approché pour répon­dre à un appel d’offre con­cer­nant un con­trat de con­cep­tion et de pro­duc­tion de bacs de récupéra­tion, M. LeChas­seur a saisi l’occasion pour son­der l’intérêt de la STM à se join­dre au projet-pilote.

L’une des pri­or­ités du plan de développe­ment durable 2020 de la STM étant de « s’ap­pro­vi­sion­ner de façon respon­s­able », sa ques­tion ne pou­vait pas trou­ver d’oreilles plus atten­tives. Cather­ine Deveault, présente à cette ren­con­tre, a pour man­dat de con­tribuer à met­tre en place ce type de pra­tiques d’ap­pro­vi­sion­nement, cohérentes avec les principes du développe­ment durable à la STM. Avec ses col­lègues de l’équipe des appro­vi­sion­nements le dossier du pro­jet-pilote a chem­iné à l’interne. Le 5 févri­er dernier, le con­seil d’administration con­fir­mait que la STM allait de l’a­vant avec cette ini­tia­tive faisant la pro­mo­tion de l’achat auprès des entre­pris­es d’économie sociale.

Con­va­in­cre à l’interne

Chang­er les pra­tiques d’achat n’est pas une mince affaire pour une organ­i­sa­tion de la taille de la STM, qui compte plus de 9 000 employés. Toute­fois, les choses évolu­ent dans la bonne direc­tion. Déjà, une quar­an­taine d’employés de la chaîne d’ap­pro­vi­sion­nement du trans­porteur pub­lic ont été sen­si­bil­isé à l’économie sociale. Les acheteurs et les admin­is­tra­teurs de con­trats ont pu notam­ment décou­vrir un échan­til­lon de l’offre de ces entre­pris­es présen­tée dans le Port­fo­lio des entre­pris­es par­tic­i­pantes, dévelop­pé dans le cadre du pro­jet-pilote. Une réflex­ion s’amorce donc sur les pra­tiques à dévelop­per pour con­sid­ér­er davan­tage les recours aux biens et ser­vices des entre­pris­es d’économie sociale.

À la STM, un défi impor­tant de ce nou­v­el engage­ment sera d’in­former plus de gens à l’in­terne – et non seule­ment l’équipe des appro­vi­sion­nements – pour que s’installe le réflexe de regarder du côté de l’économie sociale lorsque vient le temps de faire des achats.

Un atout dans le jeu des entre­pris­es d’économie sociale

« L’ar­rivée des entre­pris­es d’é­conomie sociale, ça ajoute de la com­péti­tion et ça nous donne un choix plus large dans nos achats, analyse San­dra Simard, admin­is­tra­teur de con­trats à la chaîne d’ap­pro­vi­sion­nement. On pour­ra faire affaire avec ces entre­pris­es à con­di­tion, évidem­ment, de respecter la légal­ité de nos proces­sus d’at­tri­bu­tion de contrats. »

Cer­taines des ces entre­pris­es d’économie sociale sont con­sti­tuées à but non lucratif et peu­vent béné­fici­er d’un atout non-nég­lige­able puisque la loi per­met à la STM de pou­voir pass­er des con­trats de gré à gré avec elles. Ce type de con­trat est avan­tageux,  puisque les négo­ci­a­tions peu­vent se faire directe­ment entre les représen­tants des deux par­ties. « Nous devons par con­tre nous assur­er d’obtenir un prix juste par rap­port à celui offert par le marché », pré­cise San­dra Simard. « À offre égale, nous avons tout de même un cer­tain avan­tage à faire affaire avec les entre­pris­es d’économie sociale. »

Des con­trats d’envergure?

Du côté des entre­pris­es d’é­conomie sociale, le défi con­sis­tera à être en mesure de répon­dre aux besoins d’un acteur économique impor­tant comme la STM. « Nos délais sont sou­vent ser­rés et nos appels d’of­fres sont majeurs, pré­cise Mme Deveault. Les nou­velles entre­pris­es avec qui nous fer­ons affaire devront avoir suff­isam­ment d’ex­péri­ence [pour se qual­i­fi­er]. Pour les con­trats de plus petite enver­gure, les entre­pris­es devront démon­tr­er, par leur savoir-faire, qu’elles peu­vent répon­dre à nos besoins. »

Si l’on se fie au parte­nar­i­at exis­tant entre For­mé­tal et la STM, les entre­pris­es d’é­conomie sociale peu­vent espér­er de futurs con­trats. La STM a comme objec­tif, d’i­ci 2020, d’intégrer des critères de développe­ment durable dans 90 % de ses appels d’of­fres. « Faire affaire avec les entre­pris­es d’é­conomie sociale est une façon de redonner à la col­lec­tiv­ité, tout en faisant rouler l’é­conomie mon­tréalaise », souligne Mme Deveault.

Les wag­ons sont en place, ne reste plus main­tenant qu’à démar­rer le train!

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