Atelier-découverte : comment décrocher des contrats sur appel d’offres

Les 4 et 5 octo­bre derniers, une quin­zaine d’entreprises d’économie sociale de l’est de Mon­tréal ont pu en appren­dre davan­tage sur les moyens à met­tre en œuvre pour dévelop­per des rela­tions d’affaires avec les grandes entre­pris­es et les insti­tu­tions publiques. Organ­isés en col­lab­o­ra­tion avec PME MTL, les ate­liers étaient pro­posés par le CESIM dans le cadre d’un pro­jet PRAM Est de la Ville de Mon­tréal. Ces ren­con­tres ont per­mis aux entre­pris­es de décou­vrir l’initiative L’économie sociale, j’achète ! et d’aborder plusieurs prob­lé­ma­tiques reliées au développe­ment d’affaires et à la com­mer­cial­i­sa­tion de leurs pro­duits et services.

En 2013–2015, le CESIM a mené le pro­jet pilote de L’économie sociale, j’achète ! et obtenu un franc suc­cès, générant 200 con­trats et un chiffre d’affaires glob­al d’une valeur de 2,5 mil­lions de dol­lars. Les con­trats signés l’ont été pour moitié de gré à gré et pour moitié par appel d’offres. Une deux­ième cohorte a été for­mée en 2016 avec 38 entre­pris­es d’économie sociale qui ont été mis­es en rela­tion avec 15 grandes entre­pris­es et insti­tu­tions publiques montréalaises.

Des préoc­cu­pa­tions qui se rejoignent
Lors des ate­liers, on comp­tait par­mi les entre­pris­es présentes des entre­pris­es en opéra­tion depuis plus de 20 ans, comme La Puce, ressource infor­ma­tique et les Fourchettes de l’Espoir et d’autres, plus récentes, tels le ciné­ma de quarti­er Sta­tion Vu et la Coopéra­tive de sol­i­dar­ité san­té de Montréal.

Toutes témoignent néan­moins du désir de pass­er à une autre étape de développe­ment, que ce soit une meilleure struc­tura­tion de l’entreprise, une amélio­ra­tion de l’image de mar­que ou la volon­té d’accentuer la com­mer­cial­i­sa­tion de leurs pro­duits. L’atelier-découverte leur offrait l’occasion de com­pren­dre les objec­tifs de l’initiative L’économie sociale, j’achète ! tout comme les enjeux de s’engager dans un proces­sus d’appel d’offres pub­lic. Les par­tic­i­pants ont de plus grande­ment appré­cié les témoignages de La Cui­sine col­lec­tive Hochela­ga-Maison­neuve (4 octo­bre) et d’AXIA Ser­vices (5 octo­bre), deux entre­pris­es d’économie sociale ayant fait l’expérience tan­gi­ble de soumet­tre des propo­si­tions lors d’appels d’offres publics et obtenu un contrat.

Un exem­ple inspi­rant : quand une cui­sine col­lec­tive fait des affaires avec un grand syndicat
Lors de l’atelier du 4 octo­bre, qui avait lieu au chaleureux café auto­géré Rond Point sur la rue Ontario Est, les par­tic­i­pants ont été cap­tivés par le témoignage de la Cui­sine col­lec­tive Hochela­ga-Maison­neuve (CCHM) qui a décroché en 2016 le con­trat de ges­tion de la nou­velle cafétéria de 150 places des employés de la Con­fédéra­tion des syn­di­cats nationaux (CSN). Benoist de Peyre­longue, directeur général de la CCHM, et Benoit Laberge, directeur de la ges­tion des bâti­ments de la CSN, ont témoigné non seule­ment du proces­sus d’appel d’offres, mais aus­si de l’aventure humaine et du parte­nar­i­at qui en ont résulté. Benoit Laberge a par­ti­c­ulière­ment insisté sur la qual­ité de l’offre, pre­mier critère de sélec­tion. Le fait que la CCHM partage les valeurs de la CSN a été « la cerise sur le gâteau », a‑t- il précisé.

Pour Benoist de Peyre­longue, pro­fes­sion­nalis­er l’image de mar­que de l’entreprise est un pre­mier pas essen­tiel, ce qui n’équivaut pas à renon­cer à son ADN ni à ses valeurs, au con­traire, puisqu’il s’agit de val­oris­er ce que l’on fait de mieux. Ensuite, les finances doivent être saines : on ne répond pas à un appel d’offres sans avoir les reins solides. Enfin, le directeur de la CCHM insiste sur l’exercice de rigueur imposé par un appel d’offres. Cer­tains proces­sus internes doivent par­fois être revus.

L’initiative L’économie sociale, j’achète ! du CESIM a juste­ment l’objectif d’accompagner les entre­pris­es d’économie sociale à inté­gr­er toutes ces notions et à créer des alliances effi­caces avec 15 grands acteurs économiques de Mon­tréal qui se sont engagés à dévelop­per des liens d’affaires avec elles. Le réseau s’étend chaque année, comp­tant sur l’expérience col­lec­tive des entre­pris­es des deux pre­mières cohort­es, de véri­ta­bles ambas­sadrices de l’économie sociale à Montréal.

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