Modèle coopératif : apprendre par l’action!

Le mod­èle coopératif rem­porte du suc­cès dans les class­es d’adaptation scolaire!

Démar­rée en mars 2009, la pre­mière coop implan­tée dans une classe d’adaptation sco­laire a fait des petits puisque la Com­mis­sion sco­laire de Laval (CSDL) en comptera 12 lors de la prochaine rentrée.

C’est en réal­isant que les élèves d’adaptation sco­laire n’avaient accès à aucun pro­jet d’enrichissement, en rai­son de leurs dif­fi­cultés académiques, que Nathalie Dage­nais, enseignante à l’école Saint-Mar­tin, a mis sur pied la coop Jeune Bistro.
«Ces élèves ont vécu des échecs mul­ti­ples, rap­pelle Mar­tine Prud’homme, direc­trice adjointe de l’école Saint-Mar­tin. Il est impor­tant de diver­si­fi­er l’offre de ser­vice. Pour cer­tains, le mod­èle sco­laire tra­di­tion­nel fonc­tionne, mais pour d’autres, leur estime per­son­nelle est détru­ite et ils ont besoin de se remet­tre en action.»

Coop

Plusieurs pro­grammes de type entre­pre­neur­ial exis­tent déjà, pourquoi avoir choisi un mod­èle coopératif? «Parce que les élèves sont au cœur du pro­jet, explique Mme Dage­nais. Ce sont eux qui trou­vent le nom, le logo, ils mon­tent le comité.» Elle observe qu’à cet âge, les ado­les­cents aiment tra­vailler dans une approche par pro­jet. «Ils sen­tent qu’ils ont un pou­voir», dit-elle.

«Le pro­jet se renou­velle chaque année», pré­cise Mme Dage­nais. Ain­si, les prochains mem­bres de la coop Jeune Bistro, qui offre des ser­vices de trai­teur, pour­raient décider de se con­cen­tr­er unique­ment sur les desserts.

«Il y a une prise en charge de la part des jeunes qui occu­pent toutes les respon­s­abil­ités», con­firme Mar­tin Crevi­er-Cou­ture, de la Fédéra­tion québé­coise des coopéra­tives en milieu scolaire.

Il souligne que les valeurs de démoc­ra­tie, de sol­i­dar­ité, d’entraide, d’égalité et d’équité du mou­ve­ment coopératif sont impor­tantes pour ces jeunes.

«Ils vont dévelop­per des car­ac­téris­tiques entre­pre­neuri­ales, l’initiative, l’autonomie, le sens des respon­s­abil­ités. Ça va leur servir toute leur vie», croit-il.

«Ça fait par­tie de leur chem­ine­ment d’apprendre à vivre avec tout le monde», souligne Nathalie Dagenais.

Les résul­tats

Lors du gala laval­lois du Con­cours québé­cois en entre­pre­neuri­at, dont les prix ont été attribués le 30 avril, trois coops ont été récompensées.

Au-delà des recon­nais­sances, Mar­tine Prud’homme voit les bien­faits de ces pro­jets sur le chem­ine­ment des élèves. «Ils pren­nent le con­trôle de leur vie et ensuite, ils repren­nent le con­trôle de leurs appren­tis­sages. Le pro­jet leur donne l’énergie de se remet­tre à tra­vailler. En diver­si­fi­ant l’offre en adap­ta­tion sco­laire, ça per­met de qual­i­fi­er le max­i­mum d’élèves.»
Mme Dage­nais con­state qu’en présen­tant les notions académiques à tra­vers des sujets qui les intéressent et dans un con­texte plus pra­tique, ils intè­grent mieux cer­taines con­nais­sances. «Alors qu’il dou­blait une recette, un élève a finale­ment inté­gré les frac­tions», illustre-t-elle.

À l’école Saint-Mar­tin, les élèves d’adaptation sco­laire ont la pos­si­bil­ité de choisir entre les cinq coops de l’établissement. «Il faut y aller selon leur intérêt, sinon ça perd de son sens», sou­tient la direc­trice adjointe.

Enver­gure

Les élèves ne tra­vail­lent pas en vase clos, puisque leur exper­tise est retenue pour dif­férents événe­ments organ­isés par la CSDL ou par des organ­ismes com­mu­nau­taires. En prévi­sion du gala Hom­mage aux bénév­oles, la CSDL a, par exem­ple, fait appel à la coop SMS pour réalis­er les por­traits vidéos des finalistes.

Mme Prud’homme estime qu’il est impor­tant que le pro­jet pro­posé ait une cer­taine enver­gure. «Ils en sont con­scients et ça les encour­age, rap­porte-t-elle. Ils s’investissent dif­férem­ment quand ils écrivent à la min­istre Courch­esne pour une demande de com­man­dite ou s’il s’agit “juste” d’un examen.»

Qual­i­fi­ca­tion

À compter de sep­tem­bre, l’école Le Virage devien­dra le Cen­tre de qual­i­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle et d’entrepreneuriat de Laval. Nathalie Dage­nais et Mar­tine Prud’homme voient d’un bon œil ce nou­veau man­dat pour l’établissement qui accueillera sûre­ment plusieurs des élèves ayant fréquen­té les coops. Elles esti­ment qu’ainsi, le réseau sco­laire sera à même de dévelop­per au max­i­mum les capac­ités de cette clien­tèle et de les amen­er à obtenir une qualification.

Coops en adap­ta­tion scolaire

École St-Mar­tin: Coopéra­tive SMS, Jeune Coop-Verte, Jeune Bistro et deux Coopéra­tives San­té et Sports
École Poly-jeunesse: Cray­on-Vert, Recyc-Coop Papi­er et  Coop de L’Uni-Vert
L’Odysée-des-Jeunes: Coopéra­tive Smooth­ies et com­pag­nie et Coopéra­tive PopNote
Mont-de-La Salle (sep­tem­bre 2012): Col­la­tions san­té et smooth­ies (nom à déterminer)

Source Cour­ri­er Laval

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